Once Upon a Time… in Hollywood

Once Upon a Time… in Hollywood ★★½

C'est vraiment une drôle de chose ce film, et à ce point je sais pas trop ce qu'on peut rajouter là-dessus. Quand même: oui, c'est un film "mature", avec un Tarantino en mode réflexif qui prend étrangement son temps à faire un film où il se passe crissement rien parce que tout se situe dans le temps suspendu d'une crise dans la carrière d'une star, et a priori je suis pas mal down avec ça, même si j'en ai vraiment rien à foutre du fétichisme 60s alors c'est un peu long regarder des vieux chars pis des vieilles télés en écoutant de la vieille musique pis en regardant des fausses vieilles vues; et oui, "mature", pour Tarantino, ça veut dire se lamenter sur le temps où les hommes pouvaient être vraiment des vrais de vrais hommes, faque c'est un tout p'tit peu problématique (shit, il y a même une scène où notre cowboy de Brad Pitt retourne dans un décor de ranch désuet pour le découvrir habité par un paquet de femmes - qu'elles soient des membres du culte de Manson, dirigées et manipulées par un homme, semble vraiment moins important que le fait qu'elles n'ont pas d'affaire là, en tout cas pour notre Brad Pitt qui trouve ça louche en maudit et passe un temps interminable à essayer de mettre ça au clair). Et la fin est juste absolument horrible à tout point de vue, comme celle de Hateful Eight l'était, mais là au moins j'étais capable de comprendre le point de vue de Tarantino - là c'est juste...? Il avait envie de le faire faut croire.

Je sais pas, c'est même pas tant une revanche du cinéma sur le réel tant le film joue pas là-dessus mais au contraire sur une continuité entre le réel et le cinéma (le discours sur "on voit pas le personnage mais la star" ou toute la séquence, magistrale d'ailleurs pour la performance de Leo, du western interrompu abruptement par des répliques oubliées, ou encore la scène émouvante de Sharon Tate qui va se voir au cinéma, appréciant la courte gloire cinématographique qu'elle a pu avoir, alors qu'on sait très bien qu'elle est devenue célèbre pour autre chose - c'était d'ailleurs la meilleure façon de prendre revanche sur le réel par le cinéma, en la ramenant à l'écran, le reste est superflu).

Je m'attendais à un peu plus quand même comme discours sur la star, mais c'est un méchant beau rôle pour Di Caprio, toujours à remettre en question l'image de la réussite, et pour Brad Pitt, qui finit par nous refaire True Romance. Je les aime ben gros ces deux-là, mais ça reste un film détestable dans son ensemble, parsemé de quelques moments lumineux.

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